Aux journées régionales, il y aura…

Les 12 et 13 octobre prochain, tous les centres socioculturels de Poitou-Charentes seront rassemblés à Aiffres pour causer du pouvoir d’agir. Et les administrateurs de notre union régionale se sont dit que plutôt que de le faire seulement entre nous, il pourrait être intéressant d’inviter des habitants qui, sur leur territoire, ont mis en place des activités ou ont pallié à un manque en s’associant pour trouver une solution.
Ils ont donc invité quatre associations d’ici et d’ailleurs. Chacune nous fera part de sa vision du pouvoir d’agir et de ce en quoi elle estime que ce qu’elle propose sur son territoire contribue à renforcer ce pouvoir d’agir. Alors, pour vous donner (encore plus) envie de venir, nous sommes allés rencontrer ces associations pour qu’elles nous donnent leur point de vue en avant première en quelque sorte. La première qui nous a accordé un peu de son temps s’appelle La Colporteuse. Elle est bien connue des deux-sèvriens puisqu’elle est argentonaise. Et aussi parce que son coordonnateur s’appelle Matthieu Bernardin et qu’il a été directeur au centre socioculturel de Saint Varent.

Nous lui avons posé trois questions, à Mattieu.

Pouvez-vous (dans la vraie vie, on se tutoie… pour l’interview, on crâne un peu, on se dit vous) nous raconter l’histoire de la Colporteuse ?

Il était une fois un châtelain qui s’appelait Radulphe de Sanzay. Il vivait dans le château du même nom. Tout seul. Il s’ennuyait, il s’ennuyait terrrrrriblement… Jusqu’au jour ou Oscar l’attrapeur d’histoires fit son apparition dans la cours du château. Oscar était colporteur. Oscar attrapait les histoires et allait ensuite les raconter à qui voulait bien l’écouter. Il fit rapidement connaissance avec Radulphe et, le voyant malheureux comme la pierre, décida de lui créer des pièges à ennui. Il partit alors sur les routes argentonaises à la recherche de colporteurs qui voudraient bien piéger des histoires et venir les raconter à son nouvel ami solitaire. Personne ne fit de bébé avec personne. Pourtant, la Colporteuse est née…
Voilà donc une bien jolie histoire pour une bien jolie naissance, non? On imagine poindre le doute dans vos regards de lecteurs assidus… Voici donc une version moins romanesque mais tout aussi passionnante de la naissance de la colporteuse. Cette association est créée en 2007. Trois argentonnais qui ont à la fois envie de travailler ensemble, de redonner vie au château et de dynamiser ce territoire trop calme, s’associent. Ils ont aujourd’hui à leurs côtés 250 adhérents dont une vingtaine d’administrateurs et plein de bénévoles hyper motivés.
L’association organise des animations autour de l’environnement (jardin partagé, découverte de la nature, miélerie…), des chantiers de jeunes, ateliers d’échanges de savoirs et des « actions colportages ». L’idée c’est de faire en sorte que les gens se rencontrent, se causent, apprennent à se connaître. Dans le château, il y a pour ce faire, un bar associatif, un endroit pour exposer, accueillir des concerts ou des conférences débats… Et, comme pour Radulphe il y a fort fort longtemps, la colporteuse envoie ses colporteurs de par les routes du canton… en caravane! Pour admirer les caravanes, c’est par ici.

Penser-vous contribuer à renforcer le pouvoir des habitants de votre territoire?

Pour moi, le pouvoir d’agir ressemble aux principes de l’éducation populaire. Et la colporteuse est une association d’éducation populaire. Nous, ce que l’on veut, c’est développer des actions qui favorisent le collectif, le faire ensemble. Et ça fonctionne bien! Les gens se mettent naturellement en lien entre eux, pour peu que l’on créé les conditions de la rencontre. La mièlerie associative l’illustre parfaitement. Plutôt que de faire les choses chacun de leur côté, des habitants se sont réunis pour monter se projet. Nous sommes supports de la nouvelle association, nous donnons des coups de mains si besoin.
Notre démarche est aussi de toucher des personnes qui sortent peu de chez elle ou du territoire. Nous nous appuyons beaucoup sur l’imaginaire. Parce que ce support permet de ne pas se prendre au sérieux et de lâcher prise. A u château, on peut parfois jouer un rôle et se mettre en avant. Ça permet de prendre confiance en soi, pour d’autres choses.
Enfin, nous animons régulièrement des colportation (comprendre commission + colportage). Les personnes qui ont déjà un pied chez nous parce qu’elles participent à un atelier ou se Sanzay les idées au château ont parfois envie de participer autrement, de proposer leurs idées. C’est, entre autre, lors des colportations qu’elles peuvent le faire.

Comment imaginez-vous la colporteuse dans 5 ans ou 10 ans?

J’imagine un lieu encore plus accueillant, ou l’on pourrait rêver les yeux ouverts, un lieu ouvert et allant ouvert, un espace de coopérations et d’alternatives créatives. Une jardinière à plantations et à récoltes d’idées. Notre idéal serait de conserver la créativité, la dynamique et la liberté de nos débuts. Faire que la colporteuse ne devienne pas trop rapidement une grande personne blasée, fatiguée et en manque d’idée. Bref, un lieu, une ambiance qui pétille, ou l’on puisse se sentir à la cool, s’épanouir et pourquoi même devenir tous des colporteurs.

Pour découvrir les autres invités des journées régionales, cliquez…

La chèvre rit, la Tvnet citoyenne et l’Afipar.

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