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Le Pacte du Pouvoir de vivre monte en puissance dans la Vienne

Régénérer la démocratie, c’est le thème particulièrement d’actualité choisi fin mars 2025 par les initiateurs du Pacte du Pouvoir de vivre 86. Le temps d’une journée, des représentants de la société civile ont planché sur ce sujet de dimension aussi bien locale que nationale.

Le Pacte du Pouvoir de Vivre (PPV) continue de se faire entendre dans la Vienne. Depuis quatre ans, une vingtaine d’associations, syndicats et centres sociaux du territoire se réunissent pour porter la voix de la société civile face aux multiples crises sociales, politiques et écologiques que rencontre la France. « Rassembler les énergies », « créer un lieu de réflexion et d’action », « mettre en avant les initiatives locales », tels sont les objectifs de ce groupe(*), déclinaison locale d’un mouvement national qui a publié un manifeste explicite lors de sa création.

Et si chacun devenait acteur de sa propre destinée et de celle du pays. C’est l’un des axes de travail du PPV. En 2025, l’heure est à la mobilisation du grand public. C’est pourquoi le mardi 27 mars, les initiateurs du PPV86 ont organisé une journée de réflexion sur une thématique d’actualité : « Régénérer la démocratie ». A la Maison des projets de Buxerolles, une soixantaine de personnes ont participé -certaines pour la première fois- à des ateliers portant sur des questions majeures : « Nos associations, nos syndicats forment-ils encore une démocratie vivante ? » ; « Sommes-nous des acteurs de la transformation, de l’amélioration de la société ? » Au menu, une sorte d’introspection essentielle pour l’animateur de la journée, le délégué de la Fédération des Centres Sociaux de la Vienne, Denis Renaudin : « L’idée c’est de savoir comment cultiver la démocratie dans nos pratiques, dans le fonctionnement de nos structures. Nous devons être des éducateurs de la démocratie. »

« On a les mains dans le cambouis »

La philosophe Irène Pereira, professeure des universités et auteure de plusieurs ouvrages sur le militantisme et la sociologie du travail, est venue rappeler sa vision du fonctionnement démocratique d’une structure : « Les politiques discriminatoires sont contraires à la Constitution. Il faut rappeler les valeurs dans une charte pour éviter l’entrée de ce genre d’idées dans les conseils d’administration. Par ailleurs, des règles claires de prise de parole et de décision limitent les pouvoirs informels liés à l’ancienneté ou la hiérarchie… »

De son côté, Jérémy Louis, expert de la question du pouvoir d’agir dans les Centres Sociaux, a rappelé que « chaque débat doit laisser la place à la contradiction » et qu’il faut « rééquilibrer la parole en valorisant ceux qu’on entend jamais ». Le message est passé. Cette question de la représentativité a été l’un des sujets forts de la journée. Certains rappelant la difficulté d’attirer les jeunes et d’autres profils d’usagers au sein des instances de décision.

Parmi les participants présents dans l’assemblée, Dominique Balas, administrateur du Capée, s’est exprimé sur l’importance de ce genre d’initiatives : « On représente les corps intermédiaires. Chacun de nos structures, on côtoie la réalité, on a les mains dans le cambouis. Au moment où la montée du populisme plonge le pays dans le trouble, on doit prendre de la hauteur et rappeler nos valeurs communes en France. On a une expertise d’usage. »

Le Pacte du Pouvoir de vivre a vocation à diffuser des idées. Reste à savoir si les élus et futurs candidats saisiront cette opportunité lors des prochaines échéances électorales.

(*) Le comité de pilotage du groupe local PPV de la Vienne est composé de la CFDT, la Fédération des centres sociaux, les Francas, la Mutualité française, Sauvons l’Europe, le Secours catholique, Territoire Zéro Chômeurs de longue durée.

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